
Le cycle de conférence Savoirs décryptés, proposé par la Faculté des sciences humaines de l’UQAM, invite le public à découvrir les sciences humaines avec les chercheuses et les chercheurs qui les font et les renouvellent. C’est en effet au cœur des démarches de la recherche que l’audience sera conviée: les conférencières et conférenciers ouvriront leur boîte à outils et exposeront les différentes étapes qui construisent les connaissances en sciences humaines. Les questions, les doutes, les méthodes, les partenaires, les considérations éthiques: tous les enjeux seront exposés, non seulement pour livrer un savoir sur un sujet donné, mais surtout pour présenter l’expérience de la recherche et le travail, très concret, de la production des connaissances. Ce cycle de conférences est ouvert au grand public de tous âges.
Le savoir est à la portée de tous car il désigne fondamentalement deux choses : il est d’abord un nom commun; et il est aussi un verbe. Nom commun, le savoir est un patrimoine, une somme de connaissances acquises; verbe, savoir devient une action, celle d’entendre, de comprendre, de détenir et de cultiver des connaissances.
Programmation 2026
«Bruits de couloir» : les habitants de la Pompéi antique à la lumière de leurs graffitis
Cette conférence portera sur l’étude d’un corpus fascinant de graffitis antiques, tant des textes que des images, laissés par les passants sur les murs du couloir qui reliait les deux théâtres de la Pompéi romaine au Ier siècle après J.-C., avant la destruction fatale de la cité par l’éruption du Vésuve en 79. Au moyen d’un protocole de recherche innovant, faisant la part belle aux humanités numériques, nous tentons de reconstituer les formes de communication dont témoignent ces graffitis et ce qu’ils nous apprennent sur les Pompéiens et les Pompéiennes qui ont ainsi laissé une trace de leur passage entre ces murs, finalement pour toujours.
«Bruits de couloir» est un projet pluridisciplinaire en Sciences de l’Antiquité ayant débuté en 2021. Il est dirigé par Louis Autin (latiniste, Sorbonne-Université), Éloïse Letellier-Taillefer (archéologue, Sorbonne-Université) et Marie-Adeline Le Guennec (historienne, UQAM).
Une conférence de Marie-Adeline Le Guennec, professeure au Département d’histoire de l’UQAM

Jeudi 12 février 2026
19 h – 21 h
Salle Pierre-Bourgault (J-1450)
UQAM
Métro Berri-UQAM
Admission :
Grand public 10 $
Personnes étudiantes 5 $
Accueil dès 18 h 30, un léger cocktail sera offert.
À propos de la conférencière
Ancienne membre post-doctorante de l’École française de Rome, Marie-Adeline Le Guennec est Professeure d’histoire de l’Antiquité romaine à l’UQAM depuis 2019. Spécialiste d’histoire sociale et culturelle, ses recherches portent sur les migrations et les mobilités, les pratiques d’accueil (dont l’hospitalité), le logement provisoire et les occupations informelles de l’espace dans l’Occident romain antique. Elle est notamment l’auteure d’Aubergistes et clients: l’accueil mercantile dans l’Occident romain (IIIe siècle av. J.-C. – IVe siècle apr. J.-C.) (Rome, École française de Rome, 2019), monographie issue de sa thèse de doctorat. Elle dirige avec Louis Autin et Éloïse Letellier Taillefer (Sorbonne Université – Rome et ses Renaissances UR 4081) le projet «Bruits de couloir»: étude spatialisée des graffiti du couloir des théâtres de Pompéi.


Décrypter la grammaire des langues sous-décrites : le cas de l’inuktitut et de l’inuinnaqtun
Lorsque vous entendez le mot « grammaire », vous pensez probablement aux règles que vous avez apprises à l’école, souvent liées à l’écriture ou à l’expression orale dans des situations formelles. Mais avant même de commencer l’école, et avant même d’apprendre à lire et à écrire, vous parliez et compreniez déjà une langue. En fait, de nombreuses langues dans le monde ne sont toujours pas écrites, ou ne le sont que rarement. De plus, l’écriture est une invention relativement récente. Les êtres humains ont commencé à parler des langues plusieurs milliers d’années avant l’invention de l’écriture. Et pourtant, indépendamment de l’écriture, toutes les langues parlées sont régies par un ensemble de règles et de contraintes : certaines combinaisons de sons et de mots sont possibles, d’autres ne le sont pas. Ce sont ces règles inconscientes que les linguistes s’efforcent de découvrir.
Si les propriétés et les schémas de certaines langues du monde sont décrits depuis des centaines d’années, la plupart des langues sont sous-décrites : nous ne comprenons pas entièrement leur fonctionnement. Dans cette présentation, nous ouvrirons la boîte à outils utilisée par les linguistes pour découvrir les schémas sous-jacents des langues sous-décrites, telles que l’inuktitut et l’inuinnaqtun, deux variétés de la langue inuite parlées dans l’Arctique canadien. Non seulement ce travail peut contribuer à la documentation de ces langues (notamment en collaboration avec les communautés autochtones), mais il peut également nous donner une image plus claire de la diversité du langage humain et de ce que toutes les langues pourraient avoir en commun.
Une conférence de Richard Compton, professeur au Département de linguistique de l’UQAM

Jeudi 19 mars 2026
19 h – 21 h
Salle Pierre-Bourgault (J-1450)
UQAM
Métro Berri-UQAM
Admission :
Grand public 10 $
Personnes étudiantes 5 $
Accueil dès 18 h 30, un léger cocktail sera offert.
À propos du conférencier
Richard Compton est professeur au Département de linguistique de l’Université du Québec à Montréal et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la connaissance et la transmission de la langue inuite. Il est membre du Centre interuniversitaire d’études et de recherches autochtones (CIÉRA) et du Centre de recherche sur le cerveau, le langage et la musique (CRBLM). Ses travaux théoriques explorent les phénomènes grammaticaux qui contribuent à la grande complexité des mots en inuktitut et en inuinnaqtun. Ses travaux dans le domaine de la description et de la documentation linguistiques comprennent la coédition d’un dictionnaire de l’inuinnaqtun en collaboration avec Emily Kudlak et deux projets en cours en partenariat avec la Société du patrimoine Kitikmeot, basée à Cambridge Bay, au Nunavut, visant à constituer un corpus de l’inuinnaqtun parlé et à créer une grammaire communautaire. Il est également président du comité scientifique de l’Association canadienne de linguistique.


Pour toute demande de renseignements concernant le cycle de conférences Savoirs décryptés et ses événements, veuillez écrire à l’adresse courriel suivante: savoirsdecryptes@uqam.ca.


